فضاء أحمد حمدي

Ahmed Hamdi, poèmes pour la liberté

Par Djilali Khellas

Dans la poésie d’Ahmed Hamdi, la vie humaine est justifiée par cette conquête qui doit se renouveler chaque jour, chaque heure, par cet héroïsme intérieur et pratique en même temps, où l’on ne doit et où l’on ne peut pas discerner et séparer l’intention de l’acte, l’homme de l’artiste, la religion de la morale, la poésie de l’activité quotidienne :

« A l’origine des temps forts
Elle appelle au rassemblement
Aux combats, aux sacrifices
Aux fêtes verdoyantes
Au triomphe de la mélodie
La survie est là. »
La survie enfante la liberté. Cette dernière transforme le chaos en cosmos ordonné. Les poèmes d’Ahmed Hamdi insistent sur le choix entre la liberté (la création, la souffrance dans l’honneur, la sincérité) et la servitude (le néant, l’inconscience, la bêtise) :
« Barrage cédant sous la poussée
de millions de mains nues
noueuses, crevassées, sanglantes, pures
c’est parce qu’il est venu
que le fardeau échut à ma génération
torrent dévalant des sommets après la bourrasque
dix millions de coups de poignards dans l’hydre à sept têtes
et des cris silencieux ».
Par sa poésie, Ahmed Hamdi, nourri de la culture de Novembre l’algérien, de septembre le palestinien, capte les événements des vingtième et vingt et unième siècles, leur crie son appel, les dissimulant dans son cœur :
« Oui, j’ai de la peine
de savoir déjà et avant vous
la peine qui sera la vôtre
J’ai de la peine pour ceux qui m’ont donné l’accolade
Ceux qui m’ont serré les mains
Ceux qui savaient mon nom avant ce jour
Ceux qui l’apprendront demain
Ceux qui pleureront en injuriant les bourreaux. »
De temps à autre, l’élément personnel s’affirme chez le poète avec une tristesse poignante. Il rêve de ce bercail où il dormit, petit agneau, adolescent troublé et hanté de visions :
« Eternel retour du son en chaîne
glissent les rêveries
Lieux des souples caresses
Mais l’œil est privé du regard
Il se consume en saccades. »
Dans les poèmes d’Ahmed Hamdi, chaque sentiment, chaque souci, chaque colère, et chaque indignation, sont justifiés par la contemplation de la vie. Ici, l’art se débarrasse de la tutelle de la conscience. Il devient liberté. Outre ses recueils de poésie nombreux (Déflagrations, Libérer l’impossible etc.), Ahmed Hamdi a publié des pièces de théâtre (Apulée, Un temps pour l’addition, un autre pour la soustraction), une opérette (Fort des libres) et plusieurs essais universitaires
Par Djilali Khellas
El Watan 13 05 07

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